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Arrivé en 1981 au club d’En Avant, Christian Amourette a joué, entraîné avant de devenir recruteur et responsable pédagogique à Guingamp (Côtes-d’Armor). Un rôle de l’ombre qui lui sied à merveille.

Les sourcils froncés, les yeux plissés mais un regard perçant. Quand il s’agit de recruter de jeunes joueurs, Christian Amourette a l’œil. Le Costarmoricain, né à Plélo en 1958, fait partie des meubles au club d’En Avant de Guingamp. Depuis qu’il a rejoint les Rouge et Noir, en 1981, il n’est jamais parti.

Sa carrière professionnelle a été furtive, à cause d’une grave blessure. « J’ai fait quelques apparitions en Ligue 2, signale Christian Amourette. J’ai joué en équipe B, en division d’honneur. Je me suis très vite associé à Yvon Schmitt, dans le domaine éducatif. C’est lui qui m’avait fait venir au club. »

« Notre grosse priorité reste la Bretagne »

Entraîneur de U14 à U19. Joueur de Ligue 2 au district. Il occupe un rôle d’éducateur pendant et après sa carrière. Jusqu’en 2015. « J’aurais aimé continuer d’encadrer. Mais on m’a proposé de prendre en charge l’aspect pédagogique et le recrutement. Je préfère travailler dans l’ombre. »

C’est donc par lui que passent les dossiers des pépites de l’Akademi. Des joueurs que le club recrute principalement dans l’ouest de la France. « Notre grosse priorité reste la Bretagne, la zone centre-ouest. Cela ne nous empêche pas de faire des activités avec des clubs filleuls, sur des âges précis. Récemment, nous avons organisé des détections avec des jeunes de 2006, à La Courneuve, et de 2003, à Mantes-la-Jolie. »

C’est justement lors de ces sessions que Christian Amourette et son équipe de « scouts » avaient repéré des joueurs comme Ludovic Blas ou Giannelli Imbula. Mais si être détecté est une chose, rejoindre le centre de formation en est une autre.

« Nous regardons en premier la technique, la mobilité, la clairvoyance, énumère-t-il. Nous demandons inévitablement le dossier scolaire. La venue d’un joueur n’est officialisée qu’après l’approbation du directeur d’une école partenaire. »

Du soutien scolaire

Trois établissements sont aujourd’hui associés à En Avant : le collège-lycée Notre-Dame, le lycée Restmeur et l’UCO. Sur le plan scolaire, le club est intransigeant. « Nous sommes à cheval sur le comportement et les appréciations sur le bulletin scolaire. Cela peut aller jusqu’au conseil de discipline, c’est déjà arrivé. »

Pour aider les joueurs, sous l’impulsion d’En Avant, le lycée Notre-Dame a mis en place des cours de soutien. Absents le mardi et mercredi matin, les jeunes bénéficient d’une séance de rattrapage le mercredi, de 13 h 30 à 15 h.

« Ils ont un professeur bénévole. Cela touche toutes les matières concernées par leurs absences dues aux entraînements. Le soutien est obligatoire en seconde et fortement conseillé en première. En terminale, c’est au cas par cas. »

« Un carton plein au bac »

Tous les lundis, le lycée propose aussi des cours de soutien en mathématiques. « En général, les jeunes sont dans les filières S ou ES. C’est un coefficient important qui a plus de conséquences pour l’obtention du diplôme. »

Et si au collège, les Guingampais ne perdent pas d’heures, « il n’est pas exclu que nous fassions appel à des ressources supplémentaires l’an prochain ».

En contact permanent avec les écoles, Christian Amourette réunit tous les quinze jours l’encadrement des établissements. « Nous faisons un point sur les résultats et le comportement. Je prends le relais des éducateurs de la 4e à la terminale. »

Et les résultats sont au rendez-vous. « L’an dernier, nous avons eu douze bacheliers sur treize joueurs. Ils sont sept à se présenter cette année. Nous espérons un carton plein au bac. » Sur les douze bacheliers de 2017, cinq poursuivent leurs études à l’UCO. Toujours sous l’œil de Christian Amourette.

 

Ouest-France,