S1 expo GwinZegal

Sur le thème des Visages de la ruralité, GwinZegal propose pour la 6e édition, le rendez-vous photographique de printemps à Guingamp. Les élèves de S1 ont élu parmi les 4 séries proposées, celle d’Antoine Bruy : « les maquis ».

Des photographies du Trégor, mais quel intérêt ?…

L’espace François-Mitterrand abrite le fruit de la résidence du photographe italien Pino Musi, édité par le Centre d’art dans un livre : « Acre ». Série très graphique, dans un travail de composition et de contrastes élaboré, les jeunes y ont reconnu leur environnement proche, leur lieu d’habitation même parfois, mais ces images ne les ont pas transportés. Leur quotidien, même revisité artistiquement, ne leur apparaît pas de prime abord digne d’intérêt. Le lien avec la géographie a été souligné néanmoins : habitat et exploitations agricoles vernaculaires côtoyant les silos de l’industrie agro-alimentaire, l’habitat péri-urbain et les aménagements des infrastructures de transport donnant à voir l’esthétique standardisée des lieux d’élection des rurbains. Les bâches plastiques, des plates-bandes ou des ensilages enfin racontent notre société basée sur le pétrole.

pinomusi

A fond de train

La série « Est », sous-titrée « Au train où vont les choses », a retenu leur attention par le défi auquel s’est soumis son auteur, Rémy Artiges : avant la construction de la ligne LGV Paris-Strasbourg, il a cheminé à pied, en suivant les piquets indiquant le futur tracé, photographiant ces espaces d’agriculture intensive souvent dénués du moindre insecte. Il a ensuite réalisé des images à l’esthétique abstraite sur les travaux en cours, enfin des images vidéo donnent à voir la nouvelle configuration paysagère d’une infrastructure qui permettra aux voyageurs pressés que nous sommes de gagner une heure, mais qui entame davantage encore notre capital « sol ».

Résister à la société de consommation

Leur série préférée est sans conteste « Les maquis » : des néo-ruraux vivant dans les espaces montagnards reculés de bric et de broc, misant sur l’auto-construction, l’auto-suffisance alimentaire, engagés pour une empreinte écologique légère. Pourquoi cette série ? « Grâce à la couleur, ce n’est pas lugubre. La variété des dimensions des formats carrés nous plaît aussi, c’est plus vivant. Les autres séries nous ressemblent, nous touchent de trop près, alors que celle-ci nous interpelle, même si on ne voudrait pas vivre dans des conditions aussi extrêmes ». La dernière série, présentée au Studio GwinZegal, « Höfe » (« ferme » en allemand) de Bernard Fuchs, bien que montrant des fermes abandonnées, les a également touchés, par les couleurs douces, quelque peu nostalgiques.

Pratique : voir l’article http://www.notredameguingamp.net/exposition-champs-contre-champs-6-guingamp-du-1er-avril-au-28-mai-2017/