palacret  reconstitution

Lors d’une sortie pédagogique interdisciplinaire Histoire-Géographie-SVT, les élèves, répartis en groupes ont découvert, qui une ferme laitière, qui un site historique peu commun : le Palacret à Saint-Laurent (22). Reportage.

Le Palacret féodal

Au XIe siècle, le Palacret est une commanderie constituée d’un château fort défendu grâce à un pont-levis et des bassins en forme de U et de L alimentés par le Jaudy qui est un cours d’eau (au tracé rectiligne sur ce tronçon car aménagé et donc plus défensif), dans une vallée naturelle. Cette fortification était occupée par l’ordre des Hospitaliers, qui soignaient les Croisés. Le commandeur devait être un moine-soldat non blessé à la guerre et qui avait donné 5 ans de bons et loyaux services. La commanderie était une seigneurie ecclésiastique, dont les impôts (utilisation du moulin par les paysans, champart, droits sur les marchés, etc…) servaient à financer les croisades, spécialement les soins aux blessés.

De la Renaissance à la Révolution

Au XVe siècle, après la création des canons, les châteaux forts disparaissent au profit de manoirs élégants. En effet, les sièges des places fortes sont remplacés par des batailles rangées. Au Palacret, demeurent quelques ruines du cellier, où se concentraient les richesses du seigneur, qui dormait juste au-dessus pour veiller sur ces biens. La cuisine se situait à l’opposée : en cas d’incendie, les nourritures pouvaient être évacuées. Toutes les pièces mentionnées s’intégraient dans le manoir du Palacret qui ressemblait à celui de la Roche-Jagu (reconstitution à l’aquarelle sur l’image en une). Néanmoins, les commandeurs vont commencer à résider en ville, tout en gardant un oeil sur la commanderie. Avec la révolution de 1789, les biens du clergé sont confisqués par l’Etat (nationalisés) : la commanderie disparaît, la chapelle est transformée en grange, les symboles religieux sont effacés lors de la vente du moulin, le manoir est démoli pour bâtir le corps de ferme des nouveaux propriétaires.

L’époque des moulins, de l’activité de teillage à la destination patrimoniale

Le Palacret est acheté par des meuniers qui s’en servent pour le grain, puis le teillage du lin. Il y a un très grand lavoir comportant une cheminée qui était utilisée pour bouillir le linge et enlever ou du moins minimiser certaines maladies, ainsi qu’un toit pour le confort. En cas de pluie, les personnes qui y étaient, pouvaient travailler au sec. De plus, dans les bâtiments de ferme se trouve un fournil appelé aussi four à pain. Il permettait de cuire les animaux, ceci constituait des moments festifs ou l’on invitait les voisins, la famille, etc… car cela nécessitait beaucoup de bois, et il l’utilisait peu, trois à quatre fois par an. Le meunier invitait beaucoup de monde pour pouvoir se faire inviter en retour et utiliser le fournil des autres.

lavoir palacretmoulin palacret

Le moulin en lui-même comporte un déversoir alimenté par le bief, tournant les roues des canaux d’évacuation qui renvoyaient l’eau vers la rivière. D’abord pour le grain, il fut spécialisé pour le lin, c’est une plante qui ne pousse que dans quelques régions bien précises du monde. En France, il y a la Bretagne du nord ainsi que la Normandie, elles se partagent 98% des récoltes encore de nos jours. Avant de l’envoyer au moulin, le lin était dans les champs et (généralement) les enfants,  puis ce furent des machines, le retournaient tous les 3-4 jours pour que le lin pourrisse sur place – ou alors ils étaient immergés dans des bassins, c’est le rouissage. L’étape suivante, le teillage, permet de séparer la paille des fibres textiles. Cela faisait environ 1 tonne, 1 tonne et demie de pression. Cette culture était très courante par ici, seulement le rouissage entrainaît beaucoup de maladies pour les hommes ainsi que les animaux, de plus l’invention du polyester a fait concurrence au lin. Le teillage du lin au Palacret s’arrêta en 1960, mais le dernier meunier continua de faire des démonstrations. Il fut vendu à la collectivité locale. Aujourd’hui elle appartient à GP3A (la nouvelle communauté d’agglomération Guingamp – Paimpol). Environ 18 personnes travaillent ici, pour certains c’est leur métier,  pour d’autres ils y font un service civique ou sont bénévoles (Association des Amis du Palacret). C’est Julie Tircot, de la MJC de Bégard, qui nous a guidé dans cette découverte du patrimoine de ce lieu historique qui couvre quasiment 10 siècles d’histoire.

 

Margot Le Felt, Angeline Lezoret, Céline Le Goff,Solen Le Mee, Envel Rohee, Domitille de Reviers, S1