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Une résidence artistique en milieu scolaire. L’appellation est un peu pompeuse, mais dans la pratique, au lycée Notre Dame, comment l’avons-nous vécue, de quoi s’agit-il ?

Dans ce cas précis, il s’agit du Théâtre du Rivage, troupe composée ici de dix comédiens, du directeur artistique, de la metteuse en scène et de son assistante, qui posent leurs valises dans notre établissement. Tout ce petit monde est en création, c’est-à-dire qu’ils travaillent sur leur pièce #JAHM, pour le Jeu de l’Amour et du Hasard de Marivaux. Une jam session, c’est aussi dans le milieu du jazz, une improvisation, et cette référence modèle le projet, ouvrant sur des emprunts à d’autres écrits de Marivaux, comme des digressions musicales.

Comment interagissent les artistes au sein du lycée ?

Le palier seconde est spécifiquement visé par cette action, notamment les classes de S3 et S6 qui bénéficient de 18 heures d’ateliers encadrés par les acteurs. Les autres classes rencontrent Mathilde, l’assistante de la metteuse en scène et discutent de l’œuvre, du métier de comédien, de la création. Tous les élèves assisteront à la « première », le jeudi 10 mars.  Lors des ateliers, des exercices d’échauffement corporel, des lectures, des improvisations autour de la pièce sont menés. Or les artistes se nourrissent de ces échanges avec les lycéens, car Marivaux a écrit au XVIIIe siècle une pièce qui parle d’amour, vécue par de très jeunes gens.

D’autres publics sont visés : les internes volontaires, le Théâtre de l’Ephémère qui est le club théâtre de la maison, les professeurs. Ainsi des ateliers leur sont également proposés et chacun a pu assister aux deux répétitions publiques, l’une au foyer, l’autre au Théâtre du Champ au Roy. Des élèves y ont d’ailleurs invité leurs parents, partageant ensemble la découverte des artistes, qui les avaient encadrés, travaillant sur scène.

Quel est le bénéfice pour les élèves ?

Certains ont parlé « d’apprendre autrement ». Il s’agit de connaissances sur une œuvre mais surtout de la découverte du processus de création. Mais ce qui est à souligner est surtout le savoir-être dans ce projet collectif : les timides tendent à s’affirmer, les bavards à écouter. Et à un âge où le corps se transforme, est source d’interrogation, il décolle de la chaise des salles de classe pour devenir un outil d’expression. L’intellect n’est pas pour autant négligé, ainsi les jeunes ont écrit des productions commandées par les artistes. Et cette fois, nous avons noté que personne n’avait oublié de faire ses devoirs !

Comment les élèves ont-ils vécu les ateliers ?

Voici un florilège de petites phrases extraites des carnets de bord rédigés par des secondes (sic)  : « Puis est venue l’heure finale, celle de la fin des deux semaines de joie et de bonheur qui m’ont fait aimer le théâtre.» (Joë) ; « J’ai trouvé ça très intéressant, que ce soit pour moi ou au niveau de la classe. Personnellement, je me suis plus ouverte et je suis plus à l’aise envers les autres.» (Gaëlle) ; « Deux semaines d’ateliers théâtre , ce fut : des rires, des rapprochements, de l’union de groupe, des temps de parole, des jeux, de l’audace, de la confiance.» (Cédrine) ; « Avant de ces 15 jours , pour moi le théâtre, c’était ennuyant mais grâce à cette expérience, mon point de vue a changé. J’ai beaucoup aimé ces 15 jours mais pour moi c’était trop court car à la fin, nous étions en train de nous mettre à la place des comédiens en représentant une scène de la pièce (acte II scène 3 ). J’ai beaucoup posé de question pour comprendre le théâtre. Je suis pressé de voir la vraie représentation.» (Dylan) ; « Ces deux semaines parmi les comédiens, en particulier Ewen jouant le rôle d’Arlequin qui nous a accompagnés durant les deux semaines, m’ont donné de la confiance en moi : pour m’exprimer devant toute la classe ou même devant un autre groupe classe.» (Mathilde) ; « Pour moi c’est 2 semaines étaient enrichissantes et pleines d’émotions de joies. C’est une expérience qu’on nous a permis de vivre qui était vraiment formidable et qu’on n’oubliera sûrement pas d’aussi tôt !! » (Damien) ; « Nous avons eu la visite du « théâtre du Rivage » pendant 2 semaines au lycée Notre Dame de Guingamp. Au cour de ces 2 semaines, nous avons fait des jeux (certains pour réveiller le corps, d’autres pour s’amuser). Nous avons aussi été mis dans des situations pour que la troupe du « théâtre du rivage » remette le jeu de l’amour et du hasard à jour, c’est à dire dans notre vocabulaire et non celui de Marivaux.» (Florian).

Comment ce projet est-il financé et organisé ?

Les partenaires culturels de l’établissement sont la Ville de Guingamp, via le Service culturel et Itinéraire Bis, organisme départemental de promotion de la culture, également organisateur du festival Pas Sages. Des dossiers de subvention ont été montés auprès de la DRAC et de Karta Bretagne. Depuis avril 2015, les professeurs engagés ont rencontré les différents acteurs et préparé cette résidence de deux semaines. Si le final est marqué par la représentation de #JAHM dans la salle de spectacle de la Grande Ourse à Saint-Agathon le jeudi 10 mars, nous pressentons que cette expérience forte restera ancrée dans les mémoires des adolescents qui l’ont vécue. En tous cas, nous leur souhaitons une bonne représentation !

Marina Chassan, Anne Masson, Delphine Olivo.

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