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Grâce au prix que nous a accordé la FMIG, nous avons finalisé notre parcours d’année par un voyage à Péronne sur deux jours. Il y eut plusieurs aspects dans ce périple : durant presque 20 heures de car, on a pris des photos, discuté, écouté de la musique, cette bonne ambiance était la même à l’auberge. En plus de cette convivialité qui nous a beaucoup plu, les visites à l’Historial, qui est un musée sur la Guerre 1914-1918, ainsi que le circuit de la mémoire constituaient le coeur de ce voyage.

Péronne est un village de la Somme détruit pendant la Première Guerre mondiale, car situé sur la ligne de front. On a découvert le monument aux morts du bourg montrant la Picardie (une allégorie représentée par une veuve pleurant un soldat mort) s’opposant à la guerre. Seulement aujourd’hui, avec la réforme des régions, la Picardie n’existe plus en tant que région, elle appartient aux Hauts de France.

A l’Historial, nous avons observé des eaux-fortes (gravures) d’Otto Dix où la guerre était représentée, la violence était extrême. Les deux films visionnés nous ont permis de faire de bonnes révisions pour le brevet. Ce qui était très marquant dans la présentation des objets de 1914-1918 était les uniformes et autres effets (gourde, papiers, photographies,… tout leur matériel ainsi que de l’artisanat de guerre telle cette mandoline bricolée dans un casque) mis à plat dans des fosses à même le sol.

Concernant le circuit en autocar en compagnie d’un guide professionnel, nous avons pu découvrir un énorme trou de 71 mètres de diamètre : afin de détruire les tranchées adverses, les mineurs ont creusé des couloirs souterrains dans la craie puis une charge explosive a provoqué cet énorme cratère. Sur ce site mémoriel, on a pu voir des coquelicots (en plastique, en verre, en tricot…) qui symbolisent le sang des soldats britanniques (majoritaires sur ce front), qui reposent dans la terre du champ de bataille. De plus quand la terre a été remuée, labourée par les obus, les premières fleurs qui revivent sont les coquelicots, c’est aussi un symbole de renaissance et d’espoir.

On a également marché dans des tranchées encore visibles du fait que le Canada ait acheté une portion du champ de bataille (à Beaumont-Hamel), les femmes des soldats souhaitant en faire un havre du souvenir. Au dessus de la plaque figurant les noms des disparus, on peut voir une statue d’un caribou.

Dernière étape de notre parcours guidé : un cimetière allemand composé de croix noires. Certains insignes indiquent que les morts étaient de confession juive. Le baron rouge, un as c’est à dire un aviateur redouté du fait de son talent, y a reposé avant que sa famille ne rapatrie son corps, qui sera déplacé une nouvelle fois de RDA vers la RFA.

Suite au reportage de France 3 Bretagne, nous avons reçu un appel téléphonique d’une dame qui nous a transmis des documents anciens : lettres et photographies qui appartenaient à ses arrières grands-parents. Son aïeul était officier et fut fait prisonnier lors de l’offensive allemande de 1918. Dans les lettres que nous avons parcourues, le militaire demandait des nouvelles de la ferme (la moisson), des enfants dont il suivait la scolarité à distance, et des colis. Les portraits photographiques étaient à l’époque imprimés sous forme de cartes postales.

Ce voyage de classe a été encadré par nos professeurs de français et d’histoire-géographie ainsi que par Chritophe Desbois, qui est réserviste dans l’armée (et le correspondant des professeurs pour le Trinôme académique).

Au final, un beau parcours : réalisation des EPI par groupes puis mise en ligne sur le journal numérique, remise des prix aux Invalides, reportage de France 3 et enfin, un voyage inoubliable !…

Alexandra et Klervi, 3eF