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Pari réussi pour cette toute première rencontre pédagogique initiée autour du cinéma par Nicolas Guillou, le réalisateur du film consacré au Réseau Shelburn, qui sortira l’an prochain. Le 3 octobre dernier, le cinéaste avait invité les 19 jeunes de quatrième et de troisième de la filière bilingue du Lycée-Collège Notre-Dame de Guingamp au Musée de la Résistance en Argoat de Saint-Connan. « Notre territoire est fort de multiples richesses et déborde d’énergies qu’il tient à chacun d’entre nous de fédérer. Grâce au numérique, le cinéma est aujourd’hui à la portée de tous. Nous disposons donc là d’un outil supplémentaire pour transmettre la mémoire locale aux nouvelles générations ».

La journée promettait d’être chargée et elle le fut ! Les élèves l’ont débutée par une visite du musée pendant laquelle ils ont aussi réfléchi à son aménagement (choix des volumes et des couleurs, agencement des espaces, présentation des documents et des objets). Ils ont vite constaté que tout était organisé et pensé. L’ensemble concourait à plonger progressivement les visiteurs dans l’atmosphère de l’Occupation et leur permettait ainsi de mieux appréhender le quotidien des résistants au nazisme. Et en ces lieux, ce sont plus particulièrement les exemples du réseau d’évasion d’aviateurs alliés de Plouha et celui de l’engagement armé des maquisards dans les combats de la Libération qu’ils auront découvert.

C’est ensuite Nicolas Guillou qui les a accueilli dans la salle de projection pour un échange sur le cinéma et ses métiers (art, création, écriture…) avec, à l’appui, quelques extraits de son film Shelburn. Dans un second temps, le réalisateur a demandé aux élèves d’écrire un court scénario. L’action devait se dérouler en juillet 1944 dans le bois de Coat-Mallouën, d’abord près de la cascade, puis à l’emplacement du poste de commandement du maquis. Les apprentis scénaristes avaient toute latitude pour imaginer leur récit. Le cadre et la base leur étaient donnés par les faits historiques évoqués et les images visionnées au cours de la matinée.

A peine le temps de déjeuner, et voici la petite troupe costumée, coiffée et maquillée comme à l’époque, en résistants ou en civils, grâce aux bénévoles de l’association les « Mémoires de l’Histoire » de Plouha, cheville ouvrière, depuis près de quatre ans, du projet Shelburn.

Une fois sur les lieux du tournage les élèves se sont tour à tour relayés devant et derrière la caméra, les uns se faisant acteurs tandis que les autres endossaient les rôles de réalisateur, d’assistant, de cadreur, de preneur de son… et tout ceci sous l’oeil bienveillant et amusé de Nicolas Guillou et de son équipe. Les scènes se sont alors enchaînées, en langue bretonne ou en français, dans le sérieux et la bonne humeur. « Un traître, blessé, et qui dit être un résistant originaire de Callac, parvient à se faire introduire dans le maquis. Il est rapidement démasqué car il ne parle pas breton, mais les Allemands en profitent pour surprendre une sentinelle… » . Une fois guidés, les élèves ont tôt fait de prendre leurs marques et de gagner en autonomie. « Ils forment un groupe étonnement soudé car ils se connaissent tous très bien et se suivent, pour certains, depuis dix ans dans les mêmes classes », souligne leur enseignant. « On ne pourrait pas faire ça tous les jours ? », demande Marie, le sourire en coin. L’objectif de cette belle journée ensoleillée était atteint.

Frédéric Le Personnic.