prof qui résiste

Professeure d’histoire-géographie depuis près de trente ans, Hélène Bourdon a récemment reçu le certificat d’agrément dans la réserve citoyenne. Un titre qui récompense son engagement au sein de l’Éducation nationale et les nombreux concours menés avec ses élèves. Avec passion.

L’histoire, la géographie et l’enseignement. Au quotidien, Hélène Bourdon vit sa passion. La semaine dernière, la professeure a reçu, des mains du lieutenant-colonel Christophe Droguet, le certificat d’agrément dans la réserve citoyenne. Une distinction qui récompense notamment sa participation à de nombreux concours, avec ses élèves. « Mon premier concours date de 1995. À l’époque, j’enseignais à Coat an Doc’h, raconte celle qui enseigne à temps plein, aux classes de première et de terminale du lycée Notre-Dame de Guingamp. On avait eu les premiers prix collectif et individuel départementaux du concours national de la Résistance et de la Déportation ».

« Me confier des élèves, c’est un cadeau »

Depuis, Hélène Bourdon s’est presque tous les ans engagée dans une telle démarche avec un groupe de jeunes. Elle a commencé à enseigner en 1992, quelques années après avoir repris ses études, à l’âge de 23 ans. « Je n’ai pas un parcours linéaire, confie la native de Limoges. J’ai fait de la musique, du théâtre, j’ai travaillé dans une bergerie… J’avais envie d’aller voir comment était le monde. Je n’ai pas été très loin, mais je me posais des questions ».

Au gré de ses voyages, Hélène atterrit en Bretagne. « J’y ai rencontré mon mari et je suis restée ». Une région où son amour pour l’enseignement a peu à peu grandi. « Me confier des élèves, c’est comme un cadeau », considère-t-elle.

Les Droits de l’Homme en ligne de mire

Pendant sa scolarité, Hélène Bourdon a « toujours détesté les concours ». Mais désormais, elle se réjouit de voir les volontaires s’y épanouir. « Au quotidien, les cours sont très cadrés. Le concours, c’est un espace de liberté. Ce qui me motive, c’est ce qui touche aux Droits de l’Homme et le fait que les lycéens se construisent en tant que citoyens, assure la Limousine. À la rentrée de septembre, je n’ai jamais aucun projet. Je découvre mes élèves et quand je vois leur motivation, je leur propose quelque chose ou non ».

 

Libre à eux, ensuite, d’accepter ou pas tout en sachant qu’ils vont « énormément travailler ». Que ce soit pour le centenaire de la Première Guerre mondiale, la Coupe nationale des élèves citoyens ou pour l’épreuve des plaidoiries pour les Droits de l’Homme, dont ses lycéens ont notamment été récompensés du Prix Amnesty International, en 2008 et 2012. Des projets riches en rencontres, avec notamment d’anciens déportés tels Jacques Zylbermine et Ginette Kolinka ou des Résistants locaux comme Pierre Demalvilain et Maurice Pellan.

Répression et déportation

Bon nombre des jeunes qu’elle a accompagnés ont eu le mérite d’être primés. « Mais je ne leur présente pas forcément les récompenses à gagner. La seule chose qui compte, c’est d’être heureux et fier de ce qu’on a fait, estime l’enseignante, de retour à Notre-Dame en 2004, après un bref premier passage au début de sa carrière. J’évacue tout de suite les notions de rivalité et de concurrence entre eux au profit de la modestie et du travail ».

Cette année, c’est avec la professeure de philosophie Séverine Chicault et neuf lycéens de première qu’Hélène Bourdon mène un projet sur le thème de la Répression et de la Déportation. Avec l’énergie de la passion.

Le Télégramme, 21 mars 2015, Gaëtan Pinel