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« L’important, c’est d’aimer… pour tout donner » (*) pourrait être le refrain de sa troupe. L’animateur de théâtre du collège-lycée Notre-Dame, Bernard Le Goff, apprend la scène à ses élèves par le plaisir de jouer. Et ça marche : une centaine de collégiens et lycéens participent aux ateliers depuis vingt-cinq ans. Certains d’entre eux font même carrière dans le monde du spectacle, en France et à l’étranger.

S’il travaille dans le milieu scolaire, Bernard Le Goff n’est pas pour autant un adepte de la didactique. Ancien responsable d’un foyer d’accueil à Pontrieux, celui qui a débuté dans l’imprimerie en tant que typographe est, depuis vingt-cinq ans, animateur de théâtre au collège-lycée Notre-Dame, à Guingamp. « Animateur et non professeur », nuance-t-il d’emblée, tenant à la liberté que lui confère le premier titre, moins tenu à l’obtention de résultats que le second.

Une méthode peu orthodoxe

Et pour cause, Bernard Le Goff ne conçoit pas l’enseignement du théâtre par l’absorption répétitive des auteurs classiques puis la digestion des contemporains. Les mots de Molière, Racine et autres Shakespeare ne résonnent donc que très peu sur la scène de l’amphithéâtre de l’établissement scolaire. « J’essaie de donner envie aux élèves d’aimer le théâtre. C’est ma priorité. Pour cela, je recours très peu au théâtre classique, car je veux qu’ils découvrent autre chose. Je leur propose donc un théâtre simple, que j’oriente vers différents horizons : boulevard, surréalisme, contemporain, sketches et même cirque », énumère l’animateur.

De New York à Paris, du Portugal à la Belgique

Une méthode peu orthodoxe d’autant que, contrairement à d’autres établissements scolaires plus élitistes, aucune sélection (1) n’est réalisée pour intégrer La Troupe de L’Éphémère (2). Mais, surtout, une méthode qui porte ses fruits, puisque parmi la centaine d’élèves qui participent aux ateliers théâtre chaque année, plusieurs ont fait de la discipline leur métier, en France et ailleurs : il y a Céline, partie consolider ses connaissances à New York, où elle a obtenu un petit rôle dans une comédie musicale ; Marie-Morgane, qui pratique le théâtre équestre au Portugal ; Marie, qui a ouvert un atelier de théâtre pour enfants malades à Paris ; Thibault, qui a créé sa propre troupe à Rennes, ou encore Charles, qui travaille sur un film d’animation en Belgique. D’anciens élèves dont Bernard Le Goff reçoit des nouvelles grâce aux parents restés sur place ou à l’occasion du retour de ces enfants prodiges dans leur famille. Sans oublier les nombreux autres qui renforcent les troupes locales de la région. « J’aimerais d’ailleurs que d’autres de mes anciens élèves me donnent de leurs nouvelles », précise l’animateur, enjoignant tous ceux qui le souhaitent à passer par le lycée pour le contacter.

Un lycéen prometteur

Actuellement, c’est le jeune Meriadeg Langlois, 17 ans, en qui Bernard Le Goff place ses espoirs. L’élève de terminale L, natif de Pommerit-le-Vicomte, a fait sa première approche du théâtre à l’âge de 4 ans, au sein de la troupe du Bathyscaphe, avant de prendre des cours de 8 à 12 ans au Club olympique briochin (Cob). Depuis trois ans, il suit ceux du Conservatoire d’art dramatique de Saint-Brieuc et s’apprête à passer les concours du Conservatoire supérieur national de Paris. Avec un CV déjà si prometteur, le lycéen a-t-il vraiment besoin des séances dispensées par Bernard Le Goff ? « Elles me permettent d’expérimenter le plateau dans une ambiance décontractée et de côtoyer le public, puisqu’ici, les répétitions ont toujours lieu devant près de 80 personnes », assure-t-il, bien décidé à en profiter jusqu’au bout, puisque le passage du baccalauréat, le mois prochain, y mettra définitivement un terme. Meriadeg poursuivra alors son objectif : « Être acteur ou comédien, mais aussi faire de la réalisation et de la mise en scène », annonce-t-il. « Il se met déjà en scène », glisse aussitôt son coach, un sourire au coin des lèvres. Prometteur on vous dit !

1. « L’important c’est d’aimer », de Pascal Obispo. 2. Pour l’ensemble des classes du collège et du lycée, le théâtre est optionnel, sauf pour les secondes, qui depuis quatre ans doivent suivre des ateliers personnalisés imposés (API). 3. La troupe théâtrale de Notre-Dame a été baptisée ainsi en référence à la première pièce qu’elle a jouée, « L’éphémère », de Roger Vitrac.

http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/guingamp/notre-dame-ces-lyceens-planchent-avec-plaisir-05-06-2017-